Qu'est-ce qui vous inspire dans la vie ? Si je suis tout à fait honnête, tout et rien. C’est-à-dire, au moment de faire un collage, je suis inspirée par ce que j’ai à ma disposition à ce moment-là, les ressources dont je dispose.
L’évolution même de l’œuvre. Quand il s’agit d’un collage pour quelqu’un, je suis inspirée par la marque ou la personne. Je consomme beaucoup d’information et de photos et d’autres, mais la clé n’est pas là. Parfois, des petits éléments ou morceaux de ces images donnent forme à celles que je vais créer ensuite, mais je n’en sais rien jusqu’au moment décisif. J’ai beaucoup de dossiers pleines d’images sur mon ordinateur, mais je ne sais jamais ce que je vais en faire, si ça doit arriver, et c’est pareil pour les milliers de coupures de presse que j’ai. Cela dépend beaucoup du processus de ce moment.
J’aime la liberté de faire quelque chose sans conditions d’autres styles. À ce moment-là, la liberté et l’imagination mènent la barque.
Dans la vie, en revanche, je suis inspirée par tant de choses… Je ne sais pas si le mot es “inspirer”, mais il y a beaucoup de choses qui me remuent à l'intérieur. Depuis le plus simple au plus complexe. Et en fait, c’est là où je pense qu’il est la beauté des jours et ce qui les rend peu monotones. Une rue, des bribes de chansons, un beau geste d’une personne, une jolie lumière, un image différent o tout ce que Brutis fait, les possibilités sont infinies !

Quand et comment avez-vous commencé à créer des collages ? Le fait est que mon histoire avec le collage vient de loin. Surtout avec le traitement avec le papier et les photos.
Depuis toute petite (12 ou 13 ans), je recouvrais mes carnets et mes journaux avec des compositions de photos plutôt travaillées, et à l’intérieur je collais mille choses, des photos, des tickets de concert, des coupures de presse… Peu importe ! Dans mes deux chambres (la maison de ma mère et celle de mon père), j’avais toujours un mur entier en guise de mosaïque, et je faisais ça aussi dans les chambres de mes amies, et je l’ai continué quand j'ai déménagé à New York à 19 ans. Plus tard, j’ai commencé avec le collage numérique et la peinture de photos quand j’ai reçu, pour mon 25ème anniversaire, un Ipad Pro avec le crayon. À vrai dire, le faire de manière professionnelle était un grand coup de chance. J’avais publié certains d’entre eux sur IG et une amie qui travaillait à Telva (il semble incroyable, mais il n’était pas grâce à ma mère) m’avait commandé plusieurs collages pour un numéro de Telva Novias ; au fil du temps, j’ai commencé à les faire chaque mois pour Telva, un collage et une photo illustrée. Et quand je me suis décidée pour les partager, il n’y a pas un an, tout le reste est arrivé, et je suis très heureuse et reconnaissante.

C’est facile d’être une femme dans votre monde ? Il y a eu des moments difficiles, mais je me sens bénie d’être une femme. Je pense que nous sommes très puissantes, et souvent, au moins dans mon cas, notre insécurité et nous-mêmes sont nos pires ennemies. Depuis que je suis petite, je suis entourée de femmes que j’admire beaucoup. Ma mère et mes amies me semblent des héroïnes, très, très femmes, mais des hommes merveilleux ont pris soin de moi et ils m’ont soutenu, comme mon père, et il m’a toujours dit que j’ai des possibilités sans fin. Je pense qu’il y a encore beaucoup à faire parce que je sais que beaucoup de femmes n’ont pas eu ces circonstances, et je compatis avec elles. Mais je crois en la valeur du féminin (au sens le plus ancien du mot) et je m’oppose à certains discours qui recherchent la discrimination positive. Nous sommes valides et fortes, nous méritons de bénéficier des mêmes opportunités que les hommes, mais je ne pense pas qu’il faille éliminer ce qui nous rend différentes. Même s’il n’est pas original, le genre de femme qui m’inspire est celle qui ne se laisse pas conditionner par un stigmate social, comme Coco Chanel. Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’une certaine confusion règne au moment de traiter ces questions qui ne fait que générer des conflits.

Quel est votre endroit préféré du monde ? Sans aucun doute, la plage de Campelo à Ferrol.

Un endroit, un plan et un restaurant incontournables à Madrid.
Un endroit : Ma maison
Un plan : Me perdre en me promenant dans ses rues au printemps ou en septembre, et finir en prenant un verre de vin dans quelque coin.
Un restaurant : C’est très compliqué, parce que j’aime manger et j’ai mille favs, mais je dirais El Viajero après une matinée de promenades dans le Rastro et La Latina et Casa Macareno, facile et classique, ils ont tous deux des propriétaires que j’adore, et c’est toujours un plus.

Préférez-vous la plage ou la piscine ? Toujours la plage.

Qui est ou a été une icône pour vous ? Ma grand-mère Mercedes.

Un livre, une chanson et un film.
Ces questions sont trop compliquées pour les répondre d’un coup jajajaja
Livre : "Les fleurs du mal" de Baudelaire, "Just Kids" de Patti Smith, "Soie" d’Alessandro Baricco, "Dix raisons (possibles) à la tristesse de pensée" de George Steiner (essai) et "l’Amour Aux Temps Du Cholera" de Gabriel García Márquez, entre autres. Un livre très random, mais il me fait toujours rire: "Si supieras que nunca he estado en Londres volverías de Tokio" de María Sirvent, et je l’ai trouvé par hasard. Comme vous le voyez, je suis très “dense” avec ces choses.
Chanson : C’est difficile ! La musique est ma chose fav du monde, je pourrais dire milliers. Mais peut-être, par leur caractère spécial, "In to my arms" de Nick Cave, "Cherish the day2 de Sade et, comme leçon de vie, "You can´t always get what you want" des Rolling Stones. Je suis fan de la musique espagnole, donc je dois dire "Las ventanas se encienden" de Mucho ou "Por si apareces d’Alice Wonder", comme musique actuelle. Bien sûr, toujours la délicatesse et la sensibilité d’Antonio Vega, et n’importe quelle chanson de La Unión, la bande de mon père.
Film : Je ne saurais le dire, mais deux films qui m’ont particulièrement frappé quand j’étais petite sont Mulan et Presque célèbre, que j’ai vu à 12 ans en Galice, en cachette, et je crois que ce film a changé ma vie. Maintenant, je les vois et je les aime encore.

Et une série ? Je suis très peu cool en ce qui concerne les séries et les films, mais si je suis honnête je devrais dire Sex and the City, Gossip girl et Friends. Elles sont, sans aucun doute, mes plus visitées.

Quels sont vos essentiels dans l’armoire ? Des basiques toujours. Un bon jean, un t-shirt blanc, noir, gris, une chemise masculine blanche, un pantalon à pinces masculin et un bon blazer.

Quelque chose qui ne manque jamais dans votre sac ? Je suis un peu distraite, il manque presque toujours quelque chose.

Votre artiste fav ? Je suis trop indécise pour dire un, je crois même que je n’en ai pas, j’aime regarder le talent des autres.

Votre œuvre fav ? J’aime beaucoup d’œuvres, mais les Nénuphars de Monet, au musée de L’orangerie à Paris ont une place spéciale dans mon cœur.

Dans ton frigo, il y a toujours… En été, gaspacho ou vichyssoise et en hiver, des crèmes de légumes ou des bouillons. Et oui, du vin blanc :)

Quelque tip dans une perspective éco pour préserver la planète ? Je pense qu’il est important le civisme en général, et d’être conscient de notre empreinte sur la planète. Ce sont des petites choses chaque jour qui font la différence.

Un rêve à réaliser. Je voudrais faire beaucoup de choses, améliorer à beaucoup d’autres, c’est dur de choisir. Mais peut-être que ce que j’aimerais le plus serait surmonter mes peurs et insécurités et m’encourager à publier ce que j’écris, qui est en fait ce que j’ai étudié et ce que j’ai fait le plus dans ma vie.

Qu’est-ce que vous allez faire quand on aura fini cet entretien ? Continuer mes commandes !